Les écoles de scénario: guide pratique

Peut-être avez-vous tenté d’entrer dans une école de cinéma pour y étudier le scénario. Entre celles qui vous acceptent sur présentation d’un chèque et celles qui ne vous acceptent pas, nous vous livrons un aperçu de cette période de la vie d’un scénariste débutant. Et quelques conseils avisés.

Passer un concours, pour entrer dans une école, pour devenir scénariste. Cela aurait paru absurde il y a encore peu de temps. Tout comme les ateliers d’écritures — florissants, les facultés de cinéma pleines à craquer. Les écoles d’écriture audiovisuelle attirent en effet une foule croissante de jeunes auteurs persuadés d’y acquérir cette mystérieuse recette qui fera d’eux des scénaristes à part entière. Et les conditions d’accès tendent à se durcir chaque jour, au point que certains résultats sont attendus comme ceux de l’ENA ou de l’École Normale Supérieure. Pourtant, un refus de la Fémis n’est pas le point d’arrêt d’une vocation naissante, loin de là.

Alors pourquoi se fatiguer?

Tout simplement, ces formations ont su se faire admettre auprès des acteurs de la profession. Pouvoir mentionner la Fémis, le CEEA ou l’INSAS dans un curriculum n’est pas un mince atout. Si la majorité des auteurs font fi de ces formations et apprennent sur le tas, il n’est pas inutile de considérer l’une d’elles à l’aube de sa carrière.

Quelques critères et astuces pour être admis

Posséder un riche portfolio d’écrits rédigés ou projetés. Non seulement la plupart des écoles exigent l’envoi de textes préexistants, mais les examinateurs demandent souvent à entendre le pitch de projets futurs, et souvent même ce qu’ils appellent un “projet rêvé”, sorte de montagne inaccessible, de projet fou servant à prouver que l’auteur a suffisamment d’ambition pour supporter la difficile ascension qui l’attend. Il convient donc de s’être préalablement essayé à différentes formes de fictions, d’avoir rédigé autant de textes que possible et d’avoir réfléchi à une carrière sur le long terme, ainsi qu’à sa personnalité d’auteur. Rien de tout cela n’est peine perdue en cas d’échec.

Travailler son aisance à l’oral. Cela n’est pas propre à ces concours, puisque la vie d’un scénariste consiste surtout à “pitcher” nombre de projets lors de festivals et rencontres avec des producteurs. Ici les doutes et hésitations n’ont pas leur place, la détermination doit être palpable. On devra donc s’entraîner sans relâche à proposer des projets, avec autant de précision et de pouvoir de séduction qu’on en peut acquérir.

S’entraîner à écrire sous contrainte. Il n’est pas rare qu’une épreuve consiste à écrire un court-métrage ou même un synopsis de long-métrage en quelques heures à partir d’un thème donné. Le scénariste habitué à mûrir un projet pendant de longues années avant d’en écrire une ligne risque d’avoir une mauvaise surprise lors de cette épreuve de vitesse. Un entraînement préalable n’est donc pas superflu.

Un peu d’introspection. Quels sont les thèmes qui reviennent dans nos travaux ? Comment les traite-t-on ? Est-on dépositaire d’une future révolution formelle ? Bien qu’il ne faille en aucun cas broder sur ces sujets — puisque rien ne se discerne mieux que les fausse intentions — avoir réfléchi à ces questions est un excellent moyen de gagner en fluidité à l’oral et de convaincre un jury largement habitué à voir défiler de jeunes auteurs uniquement séduits par les paillettes.

En résumé si ces écoles ne sont pas incontournables, elles permettent à l’apprenti scénariste de se rassurer, de baigner au sein d’une atmosphère propice à l’écriture, d’être suivi. Il importe toutefois de trouver celle qui convient le mieux à chacun puisque toutes ne délivrent pas les mêmes méthodes et surtout ne visent pas les mêmes médias.

Si aucune formation ne vous correspond — ou ne vous accepte — il existe aussi les résidences d’écriture (le Groupe Ouest, Le Moulin d’Andé, La Ruche, Folimage, Lussas, entre autres). La France abrite un grand nombre de ces résidences : elles sont accessibles toute l’année et permettent de développer un projet précis sur une période allant de quelques semaines à une année entière.

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Plus d’informations sur les résidences sur le site du CNC

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