L’écriture numérique, le nouvel Eldorado du scénariste

La création web a longtemps été accusée d’amateurisme, faite de bric et de broc, sans argent… Régulièrement toisée par la télévision et le cinéma, la cadette de la famille s’émancipe à mesure que la toile dessine son hégémonie, et entame sa revanche.

Nous assistons depuis le début des années 2000 à la fuite exponentielle des téléspectateurs vers les contenus en ligne. Une offre plus diversifié, une consommation sur mesure, mais jusque là une réalisation parfois hasardeuse et des moyens de productions quasiment inexistant. Les années 2010 marque un tournant, et une fois n’est pas coutume, c’est France Télévision qui ouvre le bal.

En 2012, elle est la première à sentir le vent tourner. Par l’intermédiaire de France 4 elle crée Studio 4.0, ouvrant officiellement le petit écran aux web séries.

En 2013, M6 emboîte le pas avec Golden Moustache, de manière particulièrement intéressante car elle en fait une plateforme autonome et non une petite sœur numérique. En effet, rien sur le site ne permet de déceler que M6 est aux commandes.

En 2014, Canal+ s’essaie, prudemment, en commandant trois pastilles humoristiques au Studio Bagel pour son Grand Journal et son Before, avant de se décider en acquérant 60% du capital de la société de production.

En parallèle, c’est l’euphorie du transmedia, tout le monde veut en être mais sans bien savoir ce qu’il en est…

Mis à part M6, habituée du net avec les sites Clubic et jeuxvideo.com, qui joue le jeu du contenu exclusivement web, les autres donnent encore la primauté au téléviseur et utilisent le web en laboratoire. En effet l’économie du web ne permet pas encore de vraie rentabilité, alors le mot d’ordre est à la prudence…

C’est maintenant que la vraie bascule est en train de se produire

2016, les loups sont dans la bergerie. Renaud Le Van Kim, créateur du Grand Journal, de C politique et C dans l’air joue son va-tout avec BRUT media. Il s’accompagne judicieusement de Guillaume Lacroix co-créateur de … Studio Bagel. Si l’initiative se concentre sur l’actualité et est vouée à être distribuée sur les réseaux sociaux, elle confirme l’attrait des poids lourds de la télévision pour le net, rien que l’Internet.

2017, les mastodontes sont dans la place. Daniel Meherly, fondateur de Dezeer, s’associe à Patrick Holzman (Allociné) et Xavier Niel qu’on ne présente plus, pour créer Blackpills une plate-forme de vidéos dédiées aux mobiles. Au programme : Luc Besson, avec une série de 10x10 baptisée Killer’s school.

Vivendi, maison mère de Canal+, a elle aussi créé son offre de contenus premium réservés au mobile, Studio+, et annonce 25 séries originales 10x10 avec 1 million d’euros par saison.

Et il ne s’agit là que des initiatives françaises : Netflix, leader mondial de la VOD sur le net, crée des contenus originaux pour la France et Amazon est en embuscade…

Chacun essaye donc de se positionner pour se tailler une part du gâteau. Seuls marqueurs différenciants : proposer des créations originales et composer une offre variée rapidement disponible.

Véritable marché de niche, ce sont vraisemblablement les projets les plus audacieux et originaux qui y trouveront leur place. Internet n’est plus le terrain de jeu des créateurs du dimanche, mais celui des talents les plus imaginatifs, offrant ainsi de nouveaux débouchés pour les scénaristes établis et surtout un nouvel espace d’expression pour les jeunes talents.

Alors chers auteurs, à vos claviers, vous avez un nouvel Eldorado à conquérir nous vous retrouvons sur Paper to Film pour accompagner vos pépites jusqu’aux producteurs les plus audacieux…