Portraits de Scénaristes

Sandra Joxe : “Les personnages sont des êtres avec qui on coexiste”

Après un premier départ comme professeure de philosophie, Sandra Joxe termine la Fémis et devient scénariste. Elle a écrit et réalisé plusieurs films et enseigne aussi l’écriture à l’Université Sorbonne Nouvelle — Paris 3. Elle revient avec nous sur son parcours et ses projets.

Cet entretien fait partie de « Portraits de Scénaristes », une série d’articles de Paper to Film dédiée aux scénaristes sélectionnés pour figurer sur la plateforme à son lancement. Il est composé d’extraits choisis et en partie édités, afin de clarifier et fluidifier le propos. Chaque semaine, deux portraits seront publiés. Vous pouvez les retrouver tous sur cette page.

Sur son désir d’écriture

J’étais normalienne, agrégée de philosophie, j’avais un bébé et je me voyais mal enseigner jusqu’à la retraite ! J’aimais le cinéma, j’avais envie d’écrire alors j’ai passé le concours de la Fémis, première promo, je l’ai eu, coup de bol, et voilà, ça a fait basculé ma vie. J’ai abandonné ma thèse de philo (sur la monstruosité) et je me suis lancée dans l’aventure du cinéma. J’ai lu Le Tentateur, un roman d Herman Broch et je me suis dit que ça ferait un excellent film. Je le voyais bien mis en scène par Herzog, carrément !

Je me suis dit “voilà, il faut l’adapter, il faut écrire pour Herzog”. J’avais dû voir Aguirre, la colère de Dieu ou un autre de ses chefs-d’œuvre. J’ai commencé à gamberger sur ce roman et à me dire « Merde, mais j’y connais rien ». C’est pour ça que j’ai passé la Fémis, un peu sur un coup de tête. Et je ne connaissais rien au cinéma. J’étais cinéphile, mais pas tant que ça. J’avais passé l’Agrégation et Normal Sup mais j’avais passé plus de temps dans Kant et Platon qu’au Champo ou à l’Action Christine. Je me suis rattrapée après. Donc c’est un roman qui m’a donné le désir d’images, de cinéma et de comédiens.

Sur sa motivation

Je me souviendrai toujours d’une lettre de mon aïeul Ludovic Halevy [librettiste d’opéra, co-auteur de Carmen, entre autres] qui disait « Aujourd’hui, j’ai salué un capitaine, croisé trois soubrettes à la jambe légère, conversé avec une vieille dame acariâtre, et j’en passe : j’ai passé la journée à travailler à mon bureau ». Les personnages sont des êtres avec qui on coexiste. L’écriture ne rend pas solitaire, du moins pas dans la tête. Ensuite dans le cas de l’écriture de cinéma on écrit pour les autres. On peut une ou deux fois écrire un scénario juste pour soi en ne pensant à personne d’autre, mais si on ne tient pas compte d’autrui, c’est très vite fini. Un scénario n’existe que s’il est adoubé par une collectivité. C’est un va et vient perpétuel parce qu’on travaille avec des producteurs, des réalisateurs, on pense à des comédiens, qu’on rencontre, c’est un métier où on rencontre plein de gens, et au bout du compte, si le scénario n’est pas adopté par les autres, c’est lettre morte et puis voilà. Autant une peinture ou un roman dans un tiroir c’est très triste mais ça reste un roman ou une peinture. Autant un scénario dans un tiroir c’est une promesse de bonheur avortée. On n’écrit pas un scénario pour écrire un scénario. On écrit un scénario pour un film, donc pour les autres, pour qu’il soit fait avec les autres, et vu par les autres.

Sur son quotidien d’écriture

Ça a évolué, parce que je ne suis plus une petite débutante. Ça fait 30 ans que je fais ce métier et que j’en vis, parfois très bien, parfois plus modestement. On n’a pas le même rapport à l’écriture, au scénario quand on a 30, 40 ou 50 ans. Quand on a fait dix films et qu’on est passé par quatre agents ou quand on démarre. Au départ, l’habitude du travail solitaire et très concentré, je l’avais de par la philo, et avec le cinéma c’était la première fois que je sortais de mes bouquins et de mes cours. Et d’ailleurs si j’ai arrêté de faire ma thèse, c’est bien parce que je ne me voyais pas passer ma vie dans les bibliothèques à consulter des notes en bas de page. Je trouve qu’il y a dans l’écriture scénaristique quelque chose de très sociabilisé, parce qu’on est toujours avec plein de gens. On est avec ses personnages !

Le scénariste est à la fois seul et pas seul. Moi, il se trouve que j’avais des gosses, une famille, donc je n’étais pas seule dans mon quotidien, mais quand on vit seul ou qu’on est isolé dans sa vie personnelle il est vrai que scénariste c’est un métier solitaire. Il faut jongler entre la solitude et les autres : je trouve ça plutôt bien d’être seul plusieurs heures par jour, en sachant que les autres sont là qui vous attendent, qu’on a vus en réunion, quand on a une commande de scénario, ou qu’on est en pourparlers avec une chaîne, un producteur, un réalisateur, donc même quand l’autre n’est pas là physiquement dans la même pièce que vous, il est là ! C’est comme une histoire d’amour : on est avec les autres, on communique, on écrit en se disant « ça, ça va lui plaire », ou « ça non, je tente un truc mais ce n’est pas sûr que j’arrive à convaincre », je trouve que les autres sont très présents quand on écrit un scénario.

Sur son approche d’une nouvelle histoire

Ce n’est pas toujours des romans, mais c’est souvent un désir très concret qui me donne des envies de cinéma. Je n’ai jamais eu envie de cinéma comme ça, genre « qu’est-ce que je pourrais faire ». C’est souvent un décor. Celui de ma maison de campagne où j’ai tourné un film. L’envie de filmer cette rivière au bord des maisons troglodytes, l’atmosphère très étrange de cette baraque qui m’a donné envie d’écrire une histoire.

J’ai aussi écrit un film sur la piscine Molitor avant qu’elle ne soit fermée au public, rénovée et devienne un Hôtel de luxe… C’est pareil : je suis tombée amoureuse d’un lieu. Voilà, c’est ça qui m’a donné le désir. C’est parfois une œuvre, ou alors un lieu, une personne ou un sentiment qui me donne des envies de cinéma, en tous cas quelque chose de très concret. Je dis ça parce que ce n’est pas toujours le cas, et je respecte tout à fait les inspirations des autres, mais moi c’est toujours très concret.

Sur la différence entre écriture seule ou à plusieurs

Le critère, c’est : qui tape sur le clavier de l’ordinateur. Vraiment. Il n’y a pas cinq personnes, on ne fait pas des patchworks. Ça m’est arrivé d’écrire seule de bout en bout, notamment pour les projets que j’ai réalisés, mais ensuite j’ai eu un script-doctor qui a fait des suggestions avant le tournage ; il n’empêche que le script-doctor qui est venu, c’était très profitable, ça m’a permis de prendre de la distance. Parfois on ne choisit pas, parce que c’est un couple arrangé par un producteur. On est scénariste, on sait qu’on ne va pas réaliser, on sait bien que ce sera traversé par l’autre. Dans ce cas-là il vaut mieux l’accepter dès le départ. Je dis toujours que pour être scénariste il faut avoir un sacré ego. Il faut savoir ravaler son ego et pour être capable de ravaler son ego tout en ayant de la personnalité, il faut avoir un sacré ego. Souvent, les gens qui sont incapables de céder des trucs, qui sont hyper à cheval sur leurs idées, ce sont des gens qui ne sont pas très surs d’eux. Donc ils ont l’impression que si on conteste une de leurs idées, si on coupe une scène, ou si on remet en cause l’existence d’un début ou d’une fin, on les désavoue. Alors qu’en fait, le scénariste doit être quelqu’un assez sûr de lui et de son univers pour pouvoir composer avec l’autre et se lover dans des projets qui ne sont pas à lui, y imprimer sa marque. On vient les chercher pour ça. Pas seulement pour les dialogues, mais une façon de construire le récit, de composer la psychologie des personnages, ça peut aussi être la poésie, le mystère, il y a plein de formes différentes. Mais le scénariste doit être quelqu’un qui imprime beaucoup tout en étant souple.

Sur la relation auteur-agent

J’ai eu Dominique Besnehard pendant 15 ans, puis Stéphane Jardin, et le regretté Lionel Amant qui nous a quittés cet hiver, chez qui j’étais depuis 5 ans et que j’aimais beaucoup.

Aujourd’hui je ne cherche plus grand-chose. J’ai beaucoup attendu, trop peut-être. Quand j’étais avec Dominique, j’étais jeune, c’était comme un grand frère, c’était quelqu’un qui me protégeait, il m’a beaucoup donné mais j’exigeais aussi beaucoup. À tort. Il faut dépassionaliser le rapport à l’agent. Alors j’ai appris à me dire qu’un agent qui s’occupe bien de tes contrats, ne les retarde pas pour les mauvaises raisons, ne fait pas exploser les prix et ne te met pas dans une situation d’infériorité, aujourd’hui je trouve que c’est déjà pas si mal. Après l’agent qui lit tous tes trucs, te fait rencontrer les bonnes personnes, c’est tant mieux. Ça m’est arrivé, j’ai fait grâce à eux de belles rencontres, mais il ne faut pas trop demander, plutôt savoir saisir les opportunités et dire merci à l’intuition des agents quand ils en ont.

Sur le producteur idéal

J’ai travaillé avec beaucoup de producteurs, très différents et il y en a plusieurs qui sont restés de vrais amis. C’est un métier que je n’aurais jamais pu faire, mais j’ai beaucoup de considération pour ce maillon de la chaine, parce que les bons producteurs sont des aventuriers ! Les meilleurs sont ceux qui connaissent les auteurs, les scénaristes et savent vraiment ce que c’est que d’écrire un scénario. Et il n’y en a pas tant que ça. Les plus avisés sont ceux qui s’y sont un peu collés, qui ont fait l’expérience de l’écriture et/ou de la réalisation. Ils savent combien tout cela est fragile. C’est ce que je dis à mes étudiants : même si vous ne devenez pas scénaristes, au moins vous vous rendez compte de ce que c’est que d’écrire un scénario, vous saurez comment parler aux auteurs, pas forcément pour ne pas les blesser, mais aussi par souci d’efficacité : ne pas paralyser les auteurs par des remarques trop brutales. Le travail de production peut être très créatif quand il est bien mené.

Mon rêve aurait été de bosser toute ma vie avec le même groupe. Avoir une sorte de famille. Mais ça ne s’est pas produit. J’ai travaillé avec beaucoup de producteurs différents, ça s’est souvent très bien passé, j’ai souvent fait deux, trois films avec eux, mais je n’ai jamais eu la chance de vivre ce côté “bande” à la Cassavetes, Gena Rowlands and Co… Cette solidarité-là m’aurait beaucoup plu.

Sur son passage par la philosophie et son influence sur son travail

On se pose des questions philosophiques parce que ça aide à vivre. Et je pense la même chose de l’art. La philo aide à savoir construire une problématique. Une œuvre a toujours une problématique. C’est un mot qui semble barbare, mais c’est la substantifique moelle. Quand je dirige les projets de mes étudiants de master à la Sorbonne Nouvelle, mon rôle c’est souvent de les aider à trouver la pierre angulaire, la problématique du film. Et si ce n’est pas quelque chose de fort, il n’y a pas de film. C’est comme dans une musique, ce n’est pas de l’ordre de ce que l’on veut démontrer, ce n’est pas forcément une histoire à raconter, ça peut être une sensation, ça peut être un regard sur le monde qui peut ne pas passer par les mots. C’est compliqué car lorsque l’on travaille sur un scénario on est obligé de passer par les mots, alors qu’un film n’a pas besoin de mots. On utilise des mots comme moyen, pour une finalité qui peut s’en passer. Le cinéma a été muet pendant suffisamment longtemps pour que l’on puisse au moins lui reconnaître cela. Le primat de l’image sur le verbe ! On peut avoir une bande image sans bande son, c’est un film, mais une bande son sans image c’est de la radio. Le cinéma c’est avant tout un ruban d’image, le son a évidemment une importance capitale, mais pas forcément les mots, on peut avoir un cinéma sans mot mais avec une bande son composée de bruits, de souffles, de gémissements, de musiques, pas nécessairement bavard. On utilise les mots, pour faire autre chose que des mots, c’est donc très inconfortable, c’est le deuxième paradoxe du scénariste. (Le premier paradoxe du scénariste c’est qu’il doit avoir un hyper égo tout en sachant le mettre en sourdine). On est donc obligé de passer par les mots, de passer par l’explicitation d’une problématique et c’est là où j’en reviens à la philosophie, cerner un enjeu, tenir un cap.

Sur “Mer Agitée”, son scénario de court-métrage

C’est un court-métrage original, né d’un décor, cette côte sauvage, sous les roches noires après Trouville, de grandes falaises effrayantes, une nature brute à seulement un kilomètre des casinos, des salons de thés cossus et des restaurants branchés. C’est ce violent contraste qui m’a inspiré. Ajouté à cela, le rapport mère-fille m’a toujours beaucoup taraudée étant moi-même mère encombrante de trois filles, et fille d’une mère encombrante. Ce que je traite également en filigrane, quelque chose d’assez caractéristique de notre époque, c’est l’allongement de la vie sexuée et sexuelle des femmes, et une précocité des filles, souvent formées à 10/12 ans. Une mère peut donc être encore désirable alors que sa fille rentre dans la sexualité — ce qui n’était pas le cas il y a 3 générations ou les femmes à 45 ans étaient considérées comme “vieilles” et usées. Ce qui fait qu’elles peuvent être, si ce n’est en rivalité, en tout cas deux enjeux sexuels, qui doivent apprivoiser, coordonner leur rapport à leur sexualité respective. Ce qui m’a intéressée, c’est donc le regard de cette pré-adolescente sur la face cachée de sa mère, cette rivalité, mais cet amour aussi, l’envie de protection qui caractérise cette relation mère-fille.

La problématique est « comment peut-on prendre un cri de jouissance pour un cri de détresse ? ». Comme en philosophie je pense que les deux points aveugles du cinéma sont la mort et l’amour, au sens physique, la jouissance, ce sont des sujets qui échappent et fascinent à la fois les deux disciplines.

Sur “Les Anges Perdus”, son scénario de long-métrage

Un projet de long-métrage adapté d’un roman, très différent, bien que subsiste ce rapport entre maternité et sexualité. J’ai fait un documentaire pour Arte avec Nancy Huston, une romancière et essayiste que j’aime beaucoup, avec qui j’ai noué des relations d’amitiés. Parallèlement à ce documentaire je lui ai proposé d’adapter son roman L’Empreinte de l’Ange publié chez Acte Sud. L’adaptation est assez fidèle. C’est l’histoire d’une jeune femme, qui débarque chez un flûtiste du centre de Paris issu d’une famille bourgeoise, vieux garçon, en pleine effervescence musicale qui cherche une bonne. Il engage donc cette femme à la beauté particulière, sensuelle, et à la fois hagarde, mal dans sa peau. Très vite il exerce son droit de cuissage puis tombe fou amoureux. Il l’épouse, elle se laisse faire, elle est complètement passive. Il veut absolument la faire sortir de son mutisme, en vain. Elle tombe enceinte, ne veut pas de l’enfant, essaye de s’en débarrasser sans y parvenir. Il espère que la maternité va la normaliser, mais pas du tout, il ne parvient pas à pénétrer son secret, que le spectateur va comprendre plus tard de manière percutante et presque onirique. C’était une allemande, son père vétérinaire a travaillé au service des Nazis dans le cadre d’expérimentations dont on sait aujourd’hui l’horreur. Et elle a assisté ensuite au massacre de son père et au viol de sa mère par les soldats russes. Elle porte en elle ce traumatisme de la guerre. Le film se déroule dans les années 60, elle arrive à Paris après la Seconde Guerre Mondiale, en pleine guerre d’Algérie. Elle se retrouve femme mal mariée à ce flûtiste plus occupé par sa carrière musicale que par elle, bien qu’il lui témoigne un amour véritable. Un jour, par l’intermédiaire de son mari, elle va apporter la flûte cassée à un luthier juif hongrois. Lui aussi rescapé de l’horreur. S’installe donc un triangle amoureux, où la jeune allemande hagarde profite de la promenade de son bébé, prétexte qui lui permet de rencontrer tous les jours son amant le luthier, pendant des années. L’enfant devient donc la caution muette de cet amour passionnel et magnifique. Le mari, obsédé par sa carrière, ne se rend absolument pas compte que sa femme et son fils lui échappent, avant de réagir d’une manière soudaine très violente que je ne dévoilerai pas ici. Le titre original « l’Empreinte de l’Ange », que je n’ai pas pu garder pour diverses raisons donne un indice. L’empreinte de l’ange désigne la petite rigole verticale que l’on a au-dessus de la bouche. Une légende juive dit que quand le bébé nait, il sait tout, on en revient d’ailleurs à la philosophie, c’est assez platonicien. Mais tout savoir et tout comprendre d’un monde est horrible, si l’on n’a pas un peu de naïveté, on a plus qu’une envie, c’est de mourir dès que l’on sort du ventre de sa mère. Donc l’ange salvateur descend du ciel et pose son doigt sur la bouche du bébé et lui imprime la marque de son doigt qui dessine la petite rigole. Et le bébé suite à cette imposition va tout oublier et donc pouvoir vivre, dans le silence, dans l’oubli. Le petit Emile va cautionner l’adultère maternel sans rien dire à son père, pendant des années, il apprend très vite et très jeune à se taire. C’est donc le récit de ce silence, de cette très belle histoire d’amour dans le Paris de la guerre d’Algérie, paris meurtri par les événements du 17 octobre 1961. Il y a donc une dimension politique très importante, à la fois comment la France a liquidé la Seconde guerre mondiale, et comment elle a mal liquidé son passé colonial. Juste après avoir été un pays occupé, la France se libère, mais elle se comporte elle-même en occupant en Algérie. De victime, la France devient bourreau. C’est un film intime mais aussi très politique.

Sur les femmes au cinéma aujourd’hui

Le cinéma n’est pas forcément le métier où les femmes ont le plus de mal, il y a encore partout beaucoup de progrès à accomplir sur la parité, même si je n’aime pas ce mot. Je pense que tant que les hommes ne seront pas émancipés, les femmes ne le seront pas non plus. Ce sont les hommes qui ont le plus de travail à faire, les femmes sont pour moi en avance. Mais au cinéma le problème me semble plus profond qu’une question de discrimination sexuelle.

Ce que je vais dire n’est peut-être pas politiquement correct, mais je pense que la vraie discrimination est faite contre les projets audacieux et politiquement incorrects, les projets pas commerciaux. Parce qu’aujourd’hui, faire un film avec un personnage principal féminin, c’est bien vu. Après qu’elle doive être jeune et jolie, c’est un autre problème. C’est vrai que pour ce qui est des comédiennes, c’est terrible, dès qu’elles ont un kilo de trop on ne les voit plus.

Ce n’est pas particulier au cinéma, on vit encore dans une société machiste. Ça vaut pour tous les postes à responsabilités. Les femmes réalisatrices sont minoritaires encore ! Peut-être parce qu’elles ont des projets plus originaux. Ce n’est pas parce qu’elles sont femmes qu’elles n’arrivent pas à les faire mais parce qu’elles abordent des sujets délicats. Peut-être que les femmes qui arrivent avec des projets et qui se bagarrent, sont des femmes qui ont fait un tel boulot qu’elles ont des projets plus décoiffants, plus dérangeants. Et elles ont plus de mal à monter leur projet car il est trop original ! Par contre une femme qui arrive avec un projet bien calibré qui rassure tout le monde, qui peut faire des entrées, qui ne va pas trop déranger, aura plus de facilités.

Le sexisme est plus insidieux. Je ne vais pas dire qu’il n’y a que ça mais je pense que les projets promus par des femmes en France aujourd’hui sont plus ambitieux, hors normes, et donc moins faciles à monter. D’où le manque de facilité à concrétiser leurs projets.

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